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Les excentriques. Situation, relativité, positionnalité (II)

Séminaire au premier semestre. Sept séances à partir du 1er octobre.

Deuxième volet d’une réflexion sur la problématique de la « situation » au carrefour de l’art, de la science et de la philosophie, le séminaire de cette année consistera à examiner certaines figures de l’excentricité (à la suite du séminaire « Où nous trouvons-nous ? Situation, relativité, positionnalité »). 
Rappelons notre problématique de la situation : comment concilier la nécessité d’une pensée située, conséquence de la destruction des cadres universels de la représentation (aussi bien dans les arts que dans les sciences), avec le fait que nous ne disposons justement plus des cadres permettant de calculer les coordonnées de notre situation ? Qu’est-ce qu’une situation si là où elle s’établit est précisément ce qui est à chercher ? Voilà pourquoi l’œuvre in situ par exemple invente son lieu, et crée la situation plus qu’elle ne s’y inscrit. Quelle est la fameuse « place du spectateur » dans ces conditions ?
La théorie de l’art et le discours critique se confrontent souvent à ce problème, et le résout à travers deux voies extrêmes : ou bien on en appelle à la centralité du « regardeur » ou du spectateur, comme instance réflexive fondatrice de toute forme artistique, condition de l’existence même des œuvres ; ou bien on invoque la dissolution de la subjectivité, sa dissémination postmoderne, la perte mélancolique ou jubilatoire de tout repère. Nous éloignant de ces deux polarités, nous voudrions réfléchir à des modalités de construction dynamique d’autres coordonnées de la situation. 
Avec la crise de l’anthropocentrisme, c’est en fait une nouvelle forme de « situationnisme » qui serait à élaborer, en élargissant l’échelle du problème de la situation à un niveau anthropologique, voire cosmologique. Les excentriques nous aideront en ce sens. 
Les excentriques ne sont pas essentiellement les individus qui, par un travail sur leur apparence vestimentaire ou capillaire, ou par leur attitude s’écartant de la norme, cultivent une esthétique de l’anormalité et de l’excès, entre déviance vis-à-vis des codes sociaux dominants et stratégie de mise en scène de soi visant l’inscription paradoxale au « centre » de l’attention. Qui sont alors les excentriques ? Avant tout, ce sont les êtres humains, tous les être humains. C’est ce que nous enseigne l’anthropologie philosophique d’Helmuth Plessner. Première figure d’excentricité, sa théorie de la « positionnalité excentrique » offre des éléments de réponse originaux à notre problématique. Nous verrons également comment, pour être « forte », l’intelligence artificielle doit modéliser la conscience située par des jeux où les robots deviennent en un sens excentriques. Et nous nous demanderons si la philosophie, pour se défendre du vertige de la science, n’a pas cessé de vouloir retarder l’échéance inévitable de l’excentrement. 

 
 

  

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