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Une éthologie 

Séminaire annuel


Pourquoi travailler à une éthologie ? Et comment parvient-on à cette proposition à partir de recherches et de cours qui ont porté sur les collectifs, l’underground, l’immaturité et les écologies de la pensée, tels qu’ils ont pu alimenter les séminaires de work.master donnés à la HEAD ces dernières années ? On y arrive par deux voies. D’abord, avec l’éthique, entendue comme l’étude des comportements et des puissances d’agir ; d’autre part, avec la biologie, l’étude du vivant et de ses mondes, la zoosémiotique, les sciences cognitives ou les sciences de la communication, l’anthropologie visuelle et les écologies de la perception, mais aussi à partir d’enquêtes empiriques et de théories pragmatiques portant sur l’expérience… bref, à travers tout un ensemble d’analyses, de méthodes et de champs ouverts à l’étude de l’action depuis le début du 20e siècle. 
Pour peu qu’on leur accorde une définition restreinte, éthique et éthologie se confondent : elles posent l’agir comme leur concept premier et font de la compréhension de l’action leur problème. Toutes les disciplines qui concourent à l’étude de l’une comme à la définition de l’autre peuvent ainsi participer à l’élaboration de cette éthologie, que l’on pourrait dès lors qualifier de générale. Une dernière mention à ce cheminement vers l’éthologie doit être ajoutée, qui renvoie à l’expérience et à l’enquête quotidienne que j’ai menée, pour ma part, avec un chien depuis sept ans et qui m’a conduit à me plonger dans la coévolution des espèces, l’ensauvagement et l’apprentissage, les concepts d’action partagée et de sociétés hybrides et la littérature éthologique.    
Mais pourquoi une éthologie ? Parce qu’en suivant la définition que nous en retenons, cette étude des comportements et des puissances d’agir ne repose pas sur de nouvelles et énièmes séparations entre des espèces et des propriétés, des identités et des hiérarchies, mais tente au contraire de comprendre comment l’action est toujours produite par des forces qui se combinent les unes avec les autres, dans un réseau complexe de dynamiques, à différentes échelles, mobilisant des prises plurielles et convoquant différents éléments, vivants ou non-vivants, mais toujours existants. L’éthologie, ainsi entendue, est le lieu d’intelligences, de fabrications, d’alliances et de conflits, où se précisent des manières d’habiter. Elle s’avère un puissant outil théorique comme pratique pour défaire les découpages classiques qui structurent nos manières de penser et nos représentations, mais aussi pour comprendre le cours des choses et nous orienter dans des courants d’actions. 

Ce séminaire sera structuré par l’étude d’entrées qui, chacune, proposent la mise en relation de deux termes dont il s’agira d’examiner précisément les liens : le propre et l’impropre ; au dedans et en dehors ; habitants et habitats ; aliénation et autonomie ; conséquence et potentialité ; réponsabilité et réciprocité, etc. Ces entrées sont elles-mêmes réparties en différents chapitres, au nombre de dix, qui renvoient à un registre de compréhension de ces liens et dessinent dans leur ensemble un cadre au sein duquel cette éthologie se déploie : les impliqués ; les extensifs ; les intensifs ; les intermédiaires ; les composés ; les équivalents ; les dérivés ; les dynamiques ; les privatifs ; les complémentaires.

Chaque séance de ce séminaire se proposera de déplier l’un de ces binômes à partir d’une étude de cas, le plus souvent issue de travaux scientifiques contemporains basés sur l’expérience et sur l’observation, mais aussi parfois de propositions artistiques et théoriques, qui mettent en jeu ces polarités et reconfigurent, dans le jeu de leurs relations, de nouvelles lignes de partage où cette éthologie se précise.
Le nombre de participant.e.s à ce séminaire est limité à 12. Il est conçu comme un groupe de travail et de recherche collectif à partir des différentes entrées proposées. L’année comporte quatorze séances réparties sur les deux semestres. 
 

 
 

  

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