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Une écologie du spatial

Il est fréquent d’aborder les questions relatives à l’habitat spatial et aux voyages extraterrestres à travers deux perspectives séparées, voire opposées : la science et l’imaginaire. D’un côté, le peuple des ingénieur.e.s et des scientifiques de toutes disciplines apportant des solutions pratiques à des problèmes concrets, de l’autre celui des doux rêveurs, des utopistes ou des pessimistes projetant dans un ailleurs des futurs sombres ou radieux pour l’humanité… 
La ligne réaliste suivie par cette labzone cherchera à sortir de ce dualisme en posant les problèmes de l’habitat spatial et du voyage extraterrestre à partir de leurs aspects matériels et sensibles. Il s’appuiera, pour cela, sur une enquête historique portant sur les objets produits dans le cadre de recherches consacrées aux habitats extraterrestres, sur les expériences qui leur sont attachées, mais aussi sur les occurrences et extensions que prennent ces objets et expériences dans d’autres contextes, qu’il s’agisse d’analogues terrestres ou de récits fictifs, et sur les concepts qu’ils mettent en partage. 
La réunion de documents scientifiques et de récits de fiction, de retours d’expériences de confinement dans des conditions extrêmes ou de séjours en orbite… permet de défaire les oppositions entre science et imaginaire, terrestre et extraterrestre, au bénéfice de points de raccords entre les un.e.s et les autres. Elle permet aussi de répondre aux deux questions qui guideront cette labzone : « Quels habitats pour l’espace extraterrestre ? » et « Que signifie vivre dans l’espace extraterrestre ? ». 
L’étude de ces deux interrogations, qui combine approches épistémologique et praxéologique, comporte des volets psychologiques et esthétiques aussi bien qu’ergonomiques ou sociaux. Pour peu qu’elle soit adossée aux conditions concrètes, matérielles et sensibles de l’extraterrestre, cette étude prend ses distances avec des approches métaphysiques ou technicistes de l’espace. En établissant des distinctions fines entre des milieux, en étudiant les conditions de vie posées par des environnements construits, elle peut s’ouvrir à une écologie de l’habiter, qui à l’aune de bouleversements climatiques et au prix d’un apparent paradoxe, crée des effets de rapprochement entre l’extraterrestre et le terrestre.


Questions étudiées :

  • Où commence un habitat et où finit un habit ? Le cas du scaphandre.
  • Comment distinguer l’extraterrestre et le terrestre à partir de l’habitabilité ?
  • L’expérience, entre raison technique et raison esthétique : de l’adaptation à l’exaptation
  • Habiter et répliquer : de l’étude des corps organiques à celle des corps célestes, les pratiques analogiques.
  • Mondes clos, captivité et inexistence : l’habitat et ses dehors.
  • Quels intérieurs pour quelles intériorités ? Design et psychologie du spatial.
  • Quelles échelles pour les habitats ? Quels modèles pour des sociétés ? 


Cette labzone de 14 séances s’articule au projet de recherche « Habiter l’espace extraterrestre » (FNS).  Ses participant.e.s seront associés à la réalisation d’un livre, à partir d’images des habitats spatiaux. 
 

 
 

  

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