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L’HYPOTHESE DE DEUX MONDES

Champs d’études

Épistémologie, praxéologie et logique.

 

Méthode, le parallélisme 

La méthode paralléliste s’emploie à la constitution de collectifs et non de communautés. Elle ne relie pas des éléments en raison de lois qui subordonnent, subsument et unifient leurs ensembles (comme le fait exemplairement la génétique, en regroupant des homogènes), mais en fonction de relations ponctuelles qui établissent des coexistences entre des hétérogènes. La logique dualiste procède par isolement de singularités. La logique paralléliste par association de différences.

Un exemple d’évolution en parallèle, l’homoplasie « homo-canis »

Le modèle homoplasique de la co-évolution défait l’opposition dualiste homme/animal à partir d’une compréhension paralléliste de la chasse reliant homo et canis. D’autres dualismes peuvent tomber, à partir de ce modèle, et en premier lieu celui qui touche l’opposition de la proie et du prédateur puis, avec elle, du pisteur et du pasteur. Pour peu qu’ils soient compris dans des relations écosystémiques, les liens mis en jeu par la chasse participent de relations plurielles et de réciprocités à l’échelle de l’écologie et de la biodiversité.

Un exemple de cosmologie paralléliste : le totémisme

Le totémisme ou « Dreaming » des peuples aborigènes d’Australie établit des ressemblances entre des séries de différences, en construisant entre elles des relations de continuité, symétriques et complémentaires : on peut, avec lui, penser la différence sans l’opposition, la séparation avec la liaison, la distinction sans l’opposition. Le Rêve (ou Dreaming) relie tous les existants : les humains sont directement reliés à des entités non-humaines et l’identité de tout humain est enveloppée dans celle d’un autre, animal et/ou plante, à laquelle elle appartient. Etre défini par ce à quoi on est relié et par la manière dont on y est relié, mais aussi définir ce à quoi on est relié et comment on y est relié, pourrait être retenu comme une modalité collective et compositionnelle (et non distinctive et oppositionnelle) de la qualification paralléliste du Dreaming – qui échappe tout autant à la définition par liste et par propriétés qu’à la distinction par quantités et par degrés.

 

Des enjeux

L’hybridation est un effet de la continuité qu’établissent entre eux des éléments hétérogènes. L’hybridation est convoquée par les suites accordées aux hypothèses de la co-évolution (exemple 1), à travers les « communautés hybrides » hommes-chien, mais aussi dans les expériences de pensée spéculatives de la biologie, installant, avec les échanges moléculaires, l’hybride au cœur du vivant, et l’hybridité au centre de la vie même (hypothèse de la biosphère de l’ombre). L’hybridation est aussi centrale dans la construction du totémisme : tout totem est un hybride. 

L’hybridation désigne ainsi une opération qui forme des intermédiaires, qui ne sont pas de justes milieux – ni l’un, ni l’autre, quand bien même ils apparaîtraient comme l’un ou comme l’autre. Il faut retenir de l’hybridation, comme opération, qu’elle instaure des continuités entre les éléments distincts qu’elle réunit. Comprendre comment ces continuités intermédiaires produisent d’autres récits scientifiques, mais aussi des légendes ou des mythes, fait partie de l’enquête paralléliste,  puisque nos croyances, nos désirs et nos représentations participent de leurs constructions et qu’elles agissent concrètement sur nos pratiques.

Cela sera l’un des enjeux de ce séminaire.

Mais l’hybridation, comme principe, ne suffit pas à décrire les hybridités ni les hybrides, dont on doit étudier les variétés. Cela sera un autre enjeu de ce séminaire.

L’hybridation, telle que la porte la perspective paralléliste, produit un effet critique sur la pensée dualiste, qui a pris pour habitude de chercher des résolutions aux problèmes dans des « au-delà » ou des « par-delà », c’est-à-dire dans des dépassements qui sont symptomatiques d’un héritage philosophique occidental, d’une certaine idée de la pensée comme puissance de dépassement (et de résolution dans le dépassement), ainsi que le veut exemplairement le principe dialectique. La perspective paralléliste et son enquête sur les hybrides indiquent une voie divergente à cet héroïsme philosophique : non pas aller au-delà ni par-delà, mais chercher au-dedans, au milieu des choses (entre des mondes), dans la dynamique même de ce courant où se fabriquent les intermédiaires.

Les prétentions de la pensée dualiste à un au-delà, tout comme leurs aspirations à un par-delà, s’accompagnent d’une mise en scène et d’une dramaturgie de la lente ascension vers les cimes de la vérité dont on peut, aussi, être las.

Cette célébration glorieuse de la pensée qui se fait et l’héroïsation de son exercice de la vérité

font partie intégrante des problèmes auxquels nous devons répondre. Car cette vérité, comme principe unificateur et comme résolution d’une opposition, accrédite la thèse d’un monde unifié ou, tout au moins, unifiable et se situe à l’échelle de ce monde-là. Or, l’hypothèse paralléliste se développe à partir de la coprésence de deux mondes, au moins, et avec l’étude de leurs interactions réciproques. Avec elle, toute découverte de vérités n’est pas impossible, mais aucune d’entre elles ne peut avoir valeur de principe d’unification. Il faut alors imaginer qu’une vérité ne soit plus liée à une essence, mais à des altérités et à des dehors, à des formes d’exaptation, d’altération ou d’aliénation réciproques, à l’échelle des relations où elles se précisent et des réalités qu’elles font émerger. C’est encore l’un des enjeux de ce séminaire que de les mettre à jour.

Enfin, le parallélisme pense ses objets et ses problèmes en fonction d'échelles, de dimensions, de plans, de temporalités et de spatialités qui les qualifient. Ainsi, objets et problèmes sont-ils amenés à varier selon leurs dimensions et leurs échelles, selon les intervalles qu’ils remplissent, les mondes qu’ils relient, les réalités qu’ils connectent. Penser cette instabilité est aussi l’un des enjeux de ce séminaire.

 

Des objets 

 

Les mondes du dessus

            Du baron perché aux planètes analogues

 

Les immatures

            Ni l’enfant, ni l’adulte

 

L’anarchie et les bâtards
            Politique de l’immaturité


Les intermondes
            Les zones
            Le jeu

             

Les milieux

            Umwelten et interférences, affordances ou action partagées ?

 

Entre action et perception

             L’enaction

 

Le fantasme de l’identique et de l'identité
            Le miroir et ses limites

                        /vs/
Les hybrides et leurs communautés
            Relations interspécifiques et vivant

 

Les champignons comme individus intermédiaires

Les acritarches

            Ou classer l’inclassable ?
 

La théorie des mondes pluriels


            La biosphère de l’ombre
            Les mondes parallèles
            Multivers et plurivers

Modalités de la pensée

            L’analogisme

            L’écologie de G. Bateson

 

 
 

  

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