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L’EXPOSITION D’UN FILM

Un double questionnement, sur l’exposition et sur le film, est à l’origine de ce projet. Quelles sont la nature et les propriétés de l’un et de l’autre, leurs points de frictions ? Comment les faire se rejoindre et coïncider en utilisant leurs qualités respectives ? Comment envisager puis réaliser un film à travers le prisme de la pensée de l’exposition – un film qui ne soit pas un simple enchaînement d’œuvres ou encore une « épopée structuraliste », mais bien une exposition, une confrontation d’œuvres entièrement inscrite dans les codes du cinéma ?

Une réflexion sur le format de l’exposition et sur le format du film.

L’Exposition d’un Film se propose de décomposer l’exposition, les objets qui la constituent - tant formels que conceptuels - et ses stratégies, pour la « remonter » sous la forme d’un médium spécifique : celui du film, environnement en constante transformation, et qui vit aujourd’hui encore des révolutions considérables, que ce soit à travers le numérique ou la tridimensionnalité. La question des possibilités de l’exposition est cependant encore loin d’être épuisée. Mathieu Copeland, curateur, éditeur et producteur, a développé depuis une dizaine d’années une pratique qui cherche à subvertir les rôles traditionnels des expositions, et à en renouveler les perspectives, tout en mettant à l’épreuve leurs limites. A travers une nouvelle interrogation, ce projet s’inscrit dans la lignée de ces expériences et se demande si l’exposition a toujours besoin d’un lieu, le film peut-il être ce lieu ? L’expérience de l’exposition, telle que le visiteur la vit et la perçoit, peut-elle, et comment, se déplacer dans un film, dans une expérience de cinéma ?

L’Exposition comme Film : un autre point de vue sur les rapports entre cinéma et art contemporain.

A la croisée de l’art et du cinéma, mais du point de vue de l’exposition – L’Exposition d’un Film propose une approche qui nous amène à nous poser une question inverse de celle habituellement mise en jeu, à savoir : comment exposer le film ? Ici il s’agit d’exposer les possibilités d’un film, médium immatériel par excellence, en somme, d’amener l’exposition au cinéma, en éprouvant toutes les contraintes d’un espace générique comme celui-ci, sans épouser un lieu physique. Partant du contexte du cinéma, d’un film de 90 minutes en particulier, on se demandera dans quelle mesure ce cadre donné peut être exposition. Ce sont donc véritablement les codes du cinéma qui sont à explorer, notamment la manière dont se crée la texture d’un film par l’articulation des images et du son mais aussi par sa dramaturgie et son rythme, pour finalement se recomposer en un tout chez le spectateur. L’aboutissement du projet réside bien dans l’expérience du spectateur en salle.

La spatialisation du film : comment décoder le cinéma ?

Aborder la réalité d’un médium, le cinéma, amène à réfléchir en termes d’« espaces » à occuper et à travailler. Il s’agit de les identifier afin qu’ils soient les lieux des œuvres : l’image projetée, l’image démultipliée, le son, la voix, la dramaturgie, etc. L’Exposition d’un Film touche à la question de la spatialisation du cinéma, de ses textures, de ses couches. Nous n’entendons pas ici la mise en espace des films (les films exposés, thème déjà couramment étudié), mais bien la notion des espaces simultanément à l’œuvre dans la forme film. Comment les utiliser et faire de la combinaison de ces espaces physiques et conceptuels dans le temps, une « exposition » à être vue et entendue, autant qu’une expérience de cinéma?

Si une exposition peut se définir par le rassemblement d’objets de natures diverses et d’auteurs multiples dans un environnement donné, L’Exposition d’un Film envisage dans le champ du cinéma la polyphonie et la confrontation d’œuvres réalisées pour ce contexte par des artistes, des musiciens, des cinéastes, des chorégraphes ou encore des poètes. En sommes, deux mots apparaissent centraux à sa compréhension : La CHORÉGRAPHIE – en tant qu’écriture du mouvement dans le temps (à la fois du mouvement de l’image, qui forme le corps du film, mais aussi du mouvement de corps dans le film) ; et La POLYPHONIE, soit comment créer une polyphonie sonore, mais aussi sémantique, textuelle, et visuelle, au sein d’un film ?

 
 

  

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