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CODEX

Les séances ont lieu en salle 11 B, sauf indication contraire, envoyée par e-mail.

La participation à la lab.zone implique votre présence aux 7 séances sans exception. Les étudiants qui ne peuvent pas assister à certaines séances sont priés de ne pas s’inscrire. Une à deux séances supplémentaires auront lieu entre le 7 et le 9 janvier si le projet n’a pas été totalement finalisé.

  1. Jeudi 26 septembre : 14H—17H
  2. Lundi 14 octobre : 18H—20H
  3. Mardi 29 octobre : 18H—20H
  4. Mercredi 30 octobre : 18H—20H
  5. Lundi 2 décembre : 11H—13H
  6. Jeudi 3 décembre : 9H30—13H
  7.  Lundi 16 décembre : 11H—13H

L’exposition Codex a été initiée par l’option Appropriation. Art et reproduction, et s’est déroulée en octobre 2011, à Live in Your Head à Genève.Une nouvelle version de cette exposition sera présentée à San Francisco, au CCA Wattis, fin janvier 2014. Cette Labzone est ouverte à 8 étudiant(e)s. La maîtrise de l’anglais est indispensable.

Il s’agira d’adapter l'exposition Codex au contexte américain (avec de nouveaux prêts – des œuvres de John Baldessari ou Philipp Guston figureront par exemple dans l’exposition, et des propositions venant de votre part), mais aussi à l’espace spécifique du Wattis.

L’exposition est pensée comme une grande bibliothèque virtuelle, et nous reviendrons sur l’histoire des dispositifs d’exposition et du display en général. Comme à Genève, il faudra penser de manière spécifique l’intégration des cartels des œuvres au sein de l’accrochage.

Enfin, nous engagerons une réflexion théorique sur « l’aplatissement » de la bibliothèque à partir de textes que vous étudierez et présenterez. Ces réflexions pourront influencer le choix de nouvelles œuvres mais aussi déboucher sur la programmation de films ou de conférences, à Genève et à San Francisco.

Les enjeux de cette lab.zone peuvent donc se résumer ainsi :

  • Faire des propositions d’œuvres qui seront discutées en commun. Négocier ensuite leur prêt auprès des artistes, musées ou galeries.

  • Suite à une réflexion sur les dispositifs d’exposition, penser l’accrochage à partir d’une maquette, des œuvres encadrées, de dessins muraux et de projection de films.

  • Pour les quelques étudiant(e)s qui feront le voyage à San Francisco : mettre en place l’exposition et participer à un workshop organisé par l’artiste Matthew Bakkom à la Prelinger Library.

Plus généralement, ce projet est né d’une enquête collective qui, face à la volonté forcenée de numériser tous les livres, part du postulat que la bibliothèque est désormais « aplatie ». Pourquoi, à l’heure des bases de données numériques, des bibliothèques en réseau, du développement de nouveaux supports digitaux, ramener ainsi le codex à deux dimensions, au format de l’écran ? Et pourquoi continuer de mimer l’espace du livre « classique », en conservant le foliotage, en simulant des pages qui se tournent, etc. ?

Ce geste irréversible, qui consiste à ramener le livre dans le plan, jalonne toute l’histoire de l’art occidental, et semble un motif récurrent de l’art le plus récent. On pense d’emblée aux natures mortes hollandaises du 17e siècle, dont la représentation du livre est un genre en soi (Nature morte de livres de Jan Davidsz de Heem, 1628) ou aux trompe-l’oeil qui prennent pour objet des bibliothèques, figurant souvent des portraits ou des autoportraits en creux de leurs propriétaires (Trompe-l’oeil aux rayons de bibliothèque avec partitions et traités de musique, Crespi vers 1710).

Dès l’apparition de la photographie, les pionniers de l’histoire du médium ont aussi oeuvré dans ce sens. William Henry Fox Talbot inclut par exemple dans The Pencil of Nature, « A Scene in a Library » (1843–44), pour laquelle il installa un fragment de sa bibliothèque dans le jardin de l’Abbaye de Lacock car la lumière manquait à l’intérieur. Les bibliothèques photographiées par Clegg & Guttmann dans les années 1980, ou plus récemment par Hans-Peter Feldmann, se font l’écho de ces modèles fondateurs.

Le codex semble aujourd’hui voler en éclats, comme sur les lithographies où Ed Ruscha dessinait ses propres livres volant au milieu de nulle part. D’une manière très similaire, le maître Japonais de l’art textile Serisawa Keisuke (1895–1984) a réalisé en 1968 un remarquable paravent en deux parties, à partir d’une technique traditionnelle de peinture sur soie au pochoir, où il représente des livres et des rouleaux qui s’envolent, depuis une table dans la partie gauche, vers une sorte de tapis volant vert dans la partie droite. Et bien que les ouvrages représentés soient japonais, il s’inspire d’exemples coréens des 18e et 19e siècles qui représentent des livres dans des scènes d’atelier(s), comme des studiolo.

Une révolution du livre, et du codex – sur laquelle nos cultures étaient basées – est en train de s’opérer. L’accrochage verra donc le livre s’émanciper de la bibliothèque, et les oeuvres s’affranchir du mur, à l’instar des dispositifs d’exposition d’Herbert Bayer ou de Frederick Kiesler par exemple. L’exposition est structurée autour d’une myriade d’œuvres – une bibliothèque virtuelle – présentée sur un mur central, pivot et « clou » de l’exposition et d’une antichambre de dessins, empruntés à des gravures, des illustrations, des bandes dessinées. L’exposition reste donc à la surface même du livre dont il déforme les images ou morcelle le texte. Car si Codex peut évoquer une forme de bibliothèque babélienne (rappelons que Jorge Luis Borges décida de passer les dernières années de sa vie à Genève et qu’il est enterré au Cimetière des Rois), il n’est pas tant ici question du contenu des ouvrages, dont ils ont été délibérément vidés, que de leur devenir-image.

On y explore donc un univers « rhizomatique », fait de relations et de tensions entre différentes formes de représentations, questionnant le statut du livre exposé. En effet, les expositions regorgent aujourd’hui de livres, présentés sous vitrine, même lorsqu’ils ne sont pas rares. Pourquoi, le musée, « lieu de la distance », tend à les rendre « intouchables », à les transformer en objets de contemplation plutôt que d’usage ?

L’exposition Codex est pensée comme un organisme vivant et offre autour des œuvres sélectionnées une série d’extensions, au cours de soirées de projections, conférences, et d’échanges qui permettront de « performer » le livre, de le voir manipulé, interprété, en direct ou au cinéma, par le geste et la parole.

http://kaleidoscopeoffice.wordpress.com/2011/12/06/codex-at-liveinyourhead-geneva-07-10-28-10-11-by-estelle-nabeyrat/

« Les médecins du livre. Une seringue hypodermique classique, similaire à celle qu’on utilise pour les injections sur les humains, administre aux pages de ce livre ancien une dose de vitamine PP rajeunissante (utilisée dans le traitement de la maladie de Pellagra). La vitamine stoppe et inverse le processus de désintégration dû à un manque de protéines et de sucres dans les fibres du papier. »

Photographie de presse, 1963

Collection Pierre Leguillon

 
 

  

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