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Codex at CCA Wattis

CODEX, Jan-March 2014, at CCA Wattis San Francisco

Anonymous, Dove Allouche, Matthew Bakkom, John Baldessari, Laetitia Benat, Lisa Bonard, Alexandrine Boyer, Marcel Broodthaers, Heman Chong, Claude Closky, Robert Crumb, Moyra Davey, Marina Faust, Philip Guston, Aaron Krach, Vincent Labaume, Louise Lawler, Pierre Leguillon, Jean-Baptiste Maitre, Barry McGee, Jerry McMillan, Aurelien Mole, Jean-Luc Moulène, Damián Navarro, Dennis Oppenheim, Raymond Pettibon, Veronique Portal, Conny Purtill, Dider Rittener, Allen Ruppersberg, Ed Ruscha, David Scher, Esther Shalev-Gerz, Cindy Sherman, Yann Serandour, Rafael Serrano, Alec Soth, Saul Steinberg, Jean-Luc Verna, William Wegman

Codex is the title of an exhibition-manifesto conceived by Pierre Leguillon during a residency in San Francisco. As an artist and book collector, Leguillon found himself within the stacks of the Prelinger Archive, a local independent research library that houses 19th and 20th century historical ephemera, periodicals, maps, and books.

Founded by Rick and Megan Prelinger in 2004, the unique organization of this “appropriation friendly” library conceives of its holdings as a “landscape of ideas,” classifying subjects both spatially and conceptually.

This project evolved from a collective inquiry which, given the fanatical desire to digitalize every book, was based on the premise the library has now been “flattened.” The codex (book or block of wood in Latin), which first appeared during the Roman Empire between the 1st and 2nd centuries AD, was the earliest form of a bound book.

Replacing the scroll, it permitted linear reading and made it possible to hierarchize the content of a text through direct access to the desired page. Why, in an era of digital databases, online libraries, and the development of new digital media, bring the codex back into two dimensions, into screen format? And why continue to imitate the space of the traditional book by retaining page numbers, by simulating turning pages, etc.?

The irreversible act that consists in taking books into the picture plane is found throughout the entire history of Western art and seems a recurring motif in the most recent contemporary art.

The exhibition Codex is designed as a living organism and offers a series of events in connection with the selected works, composed of screenings, lectures, and exchanges that will also make it possible to “perform” the book, to see it manipulated and, interpreted, either live or at the cinema, through words and gestures.

For its reappearance in San Francisco, the Wattis, in collaboration with WORK.MASTER / HEAD-Geneva, will together reimagine the conversation of the book with a series of public programs in connection with the works on display.

The original exhibition was organized with teachers and students from WORK.MASTER in its exhibition space Live In Your Head in 2011. (cf. below)

The reimagined exhibition at the Wattis Institute will include works from the original presentation, along with new works selected by Leguillon with students at HEAD and the Wattis Institute in collaboration with students from California College of the Arts.

CODEX

 Du 8 au 28 octobre 2011

KALEIDOSCOPE Blog !, CODEX at LiveInYourHead, by Estelle Nabeyrat December 6, 2011

Avec des oeuvres de : Matthew Bakkom, Erica Baum, Lætitia Benat, Jesus Alberto Benitez, Alexandrine Boyer, Clegg & Guttmann, Claude Closky, Moyra Davey, Marina Faust, Vianney Fivel, Mathis Gasser, Rodney Graham, Marie-Ange Guilleminot, Thomas Hirschhorn, Ana Jotta, John Latham, Louise Lawler, Pierre Leguillon, Urs Lüthi, Benoît Maire, Jean-Baptiste Maître, Rémy Markowitsch, Barry McGee, Ceel Mogami de Haas, Aurélien Mole, Jean-Luc Moulène, Damián Navarro, Marylène Negro, Conny Purtill, Didier Rittener, Allen Ruppersberg, Yann Sérandour, David Scher, Roman Signer, Jean-Luc Verna, Raphaël Zarka.

Une exposition conçue par Pierre Leguillon, avec la collaboration de Didier Rittener, Benjamin Stroun, Jill Gasparina, Damián Navarro, Thomas Bonny, Livia Gnos et les étudiant-e-s de l’option Bachelor Arts visuels « Appropriation » de la Head – Genève.

Vernissage le vendredi 7 octobre dès 18 h 
Exposition du 8 au 28 octobre 2011

Soirée Codex, 1/3 le jeudi 6 octobre à 18 h 
Conférence/projection de Megan et Rick Prelinger

Soirée Codex, 2/3 le mercredi 19 octobre à 18 h 
Projections de Joseph Cornell, David Lamelas, Christoph Schifferli…

Soirée Codex, 3/3 le jeudi 27 octobre à 18 h 
Conférence de Martin Guttmann

LiveInYourHead, Institut curatorial de la Head – Genève, Rue du Beulet 4, 1203 Genève 
Mercredi–samedi, 14–19 h

Téléchargez le poster de l’exposition LiveInYourHead_Codex (PDF - 624.5 ko)

THEY (BOOKS) ARE PERHAPS THE LEAST IMPOSITIONAL MEANS OF TRANSFERRING INFORMATION FROM ONE TO ANOTHER (SOURCE).

Lawrence Weiner, Statement on Artists’ Books in Art-Rite, New York, N° 14, Hiver 1976–1977, p. 14.

Apparu sous l’Empire Romain, entre le 1er et le 2e siècle de notre ère, le codex (livre, ou bloc de bois en latin) désigne la première forme d’ouvrage relié. Succédant au rouleau, il permettait de hiérarchiser le contenu d’un texte en accédant directement à la page souhaitée. Codex est le titre d’une exposition manifeste conçue par Pierre Leguillon avec les enseignant-e-s et les étudiant-e-s de la nouvelle Option Bachelor du Département Arts visuels de la Head – Genève consacrée aux multiples pratiques liées à l’« appropriation » au sens large.

Présenté à l’occasion de la réouverture de la bibliothèque de la Head – Genève, fermée pendant une année pour travaux, ce projet est né d’une enquête collective qui, face à la volonté forcenée de numériser tous les livres, part du postulat que la bibliothèque est désormais « aplatie ». Pourquoi, à l’heure des bases de données numériques, des bibliothèques en réseau, du développement de nouveaux supports digitaux, ramener ainsi le codex à deux dimensions, au format de l’écran ? Et pourquoi continuer de mimer l’espace du livre « classique », en conservant le foliotage, en simulant des pages qui se tournent, etc. ?

Ce geste irréversible, qui consiste à ramener le livre dans le plan, jalonne toute l’histoire de l’art occidental, et semble un motif récurrent de l’art le plus récent. On pense d’emblée aux natures mortes hollandaises du 17e siècle, dont la représentation du livre est un genre en soi (Nature morte de livres de Jan Davidsz de Heem, 1628) ou aux trompe-l’oeil qui prennent pour objet des bibliothèques, figurant souvent des portraits ou des autoportraits en creux de leurs propriétaires (Trompe-l’oeil aux rayons de bibliothèque avec partitions et traités de musique, Crespi vers 1710).

Dès l’apparition de la photographie, les pionniers de l’histoire du médium ont aussi oeuvré dans ce sens. William Henry Fox Talbot inclut par exemple dans The Pencil of Nature, A Scene in a Library (1843–44), pour laquelle il installa un fragment de sa bibliothèque dans le jardin de l’Abbaye de Lacock car la lumière manquait à l’intérieur. Les bibliothèques photographiées par Clegg & Guttmann dans les années 1980 ou plus récemment par Hans-Peter Feldmann, se font l’écho de ces modèles fondateurs.

Le Codex semble aujourd’hui voler en éclats, comme sur les lithographies où Ed Ruscha dessinait ses propres livres volant au milieu de nulle part. D’une manière très similaire, le maître Japonais de l’art textile Serisawa Keisuke (1895–1984) a réalisé en 1968 un remarquable paravent en deux parties, à partir d’une technique traditionnelle de peinture sur soie au pochoir, où il représente des livres et des rouleaux qui s’envolent, depuis une table dans la partie gauche, vers une sorte de tapis volant vert dans la partie droite. Et bien que les ouvrages représentés soient japonais, il s’inspire d’exemples coréens des 18e et 19e siècles qui représentent des livres dans des scènes d’atelier(s), comme des studiolo.

Une révolution du livre, et du codex – sur laquelle nos cultures étaient basées – est en train de s’opérer. L’accrochage verra donc le livre s’émanciper de la bibliothèque, et les oeuvres s’affranchir du mur, à l’instar des dispositifs d’exposition d’Herbert Bayer ou de Frederick Kiesler par exemple. L’exposition est structurée autour d’une myriade d’oeuvres – une bibliothèque virtuelle – présentée sur un mur central, pivot et « clou » de l’exposition et d’une antichambre de dessins, empruntés à des gravures, des illustrations, des bandes dessinées. L’expo-sition reste donc à la surface même du livre dont il déforme les images ou morcelle le texte. Car si Codex peut évoquer une forme de bibliothèque babélienne (rappelons que Jorge Luis Borges décida de passer les dernières années de sa vie à Genève et qu’il est enterré au Cimetière des Rois), il n’est pas tant ici question du contenu des ouvrages, dont ils ont été délibérément vidés, que de leur devenir image.

On y explore donc un univers « rhizomatique », fait de relations et de tensions entre différentes formes de représentations, questionnant le statut du livre exposé. En effet, les expositions regorgent aujourd’hui de livres, présentés sous vitrine, même lorsqu’ils ne sont pas rares. Pourquoi, le musée, « lieu de la distance », tend à les rendre « intouchable », à les transformer en objets de contemplation plutôt que d’usage ?

L’exposition Codex est pensée comme un organisme vivant, et offre autour des oeuvres sélectionnées une série d’extensions, au cours de trois soirées de projections, conférences, et d’échanges qui permettront également de « performer » le livre, de le voir manipulé, interprété, en direct ou au cinéma, par le geste et la parole. Ouvrant le bal, Megan et Rick Prelinger, fondateurs de la Prelinger Library à San Francisco et associés au projet à travers un workshop mené avec les étudiant-e-s, donneront une conférence le 6 octobre à 18 h. Elle sera suivie d’une projection de quelques films tirés des Archives Prelinger. Book your seat !

Soirée Codex, 1/3 
Jeudi 6 octobre à 18 h

Conférence/projection de Megan et Rick Prelinger

Megan et Rick Prelinger fondent la Prelinger Library à San Francisco en 2004. Ils décident alors d’ouvrir leur bibliothèque privée au public, en y ajoutant une sélection d’ouvrages spécialisés dont les bibliothèques se séparent ou bien dont le public leur fait don, afin de constituer un ensemble inédit autour de la culture vernaculaire américaine. Elle comprend plus de 50 000 livres, périodiques et ephemeras. Se définissant comme une « bibliothèque hybride », un projet « futuriste » qui brouille les frontières entre numérique et analogique, en proposant plus de 3000 e-books en ligne. Les ouvrages sont classés par affinités, selon un système spécialement développé en fonction du fonds et du désir de naviguer à l’intérieur de manière plus aisée que les systèmes des bibliothèques classiques. Par exemple, la section « Suburbia », est disposée à côté de celle consacrée aux « Domestic Environments ». « Architecture » mène à « Graphic Design » puis à « Typographie », à « Fine Arts », et enfin à « Advertising » et « Sales »…

Dans la filiation de la bibliothèque que l’historien de l’art et théoricien de l’iconologie allemand Aby Warburg (1826–1929) fonda à Hambourg (aujourd’hui le Warburg Institute à Londres), la Prelinger Library renouvelle les associations entre les éléments qui la compose pour inventer de nouvelles relations, au-delà des classifications usuelles, par auteur, thème ou période. Elle offre ainsi la possibilité au visiteur de découvrir de manière inopinée, au gré de sa recherche, des territoires intellectuels et esthétiques, des ouvrages ou des auteurs inconnus, où le savoir est aussi influencé par la forme qui le véhicule. Héritière des Cultural Studies américaines, on peut y voir, à partir d’ouvrages de natures très différentes, comment se construit un champ culturel. Elle explore par ailleurs les rapports entre propriété intellectuelle, l’évolution des médias et la production culturelle au sens large.

Les Prelinger décrivent leur projet comme « ouvert à l’appropriation » et incitent les usagers à réutiliser le matériau qu’ils conservent : la plupart des ouvrages sont tombés dans le domaine public. Rick Prelinger possède par ailleurs une collection de films documentaires, commerciaux ou amateurs du 20e siècle, que le cinéaste français Arnaud des Pallières vient par exemple d’utiliser pour réaliser son dernier film Poussières d’Amérique (2011). Megan Prelinger, quant à elle, a consacré un livre à l’iconographie liée à la conquête spatiale dans la publicité américaine des années 1950–60 (Another Science Fiction : Advertising the Space Race 1957–1962, Blast Books, 2010).

Soirée Codex, 2/3 
Mercredi 19 octobre à 18 h

Projections : Joseph Cornell, David Lamelas, Christoph Schifferli…

Le programme, organisé autour de la question du livre projeté, articule images de collections, oeuvres d’artistes faisant du livre leur objet, et apparitions d’ouvrages qui hantent l’histoire du cinéma. On y découvre notamment un diaporama du collectionneur et bibliophile zurichois Christoph Schifferli, des films d’artistes (Joseph Cornell, David Lamelas…) et une intervention de Vianney Fivel, artiste et étudiant dans le cadre du programme WORK.MASTER de la Head – Genève. Enfin, un groupe d’étudiant-e-s sélectionne et présente un choix d’extraits de films qui mettent en scène le livre.

Soirée Codex, 3/3 
Jeudi 27 octobre à 18 h

Conférence de Martin Guttmann

Depuis le milieu des années 1980, Martin Guttmann (1957, Jerusalem, vit et travaille à Vienne) développe, en collaboration avec Michael Clegg – sous le nom de Clegg & Guttmann – une série d’oeuvres et de projets aux formes variées (photographies, installations, dispositifs dans l’espace public) qui engagent tous une relation critique avec l’institution, les formes de la culture contemporaine et les structures idéologiques qui les informent. Transformant l’espace d’exposition, explorant d’autres espaces, notamment ouverts, publics, d’autres formes d’échange, leur stratégie artistique implique souvent la participation du public au coeur de l’espace social.

Leurs Social Sculptures révèlent par exemple la nature de l’institution en la comparant avec d’autres, étudiant les espaces, les lieux, les systèmes qui la conditionnent ; les Community Portraits, quand à eux, scrutent et mettent en lumière l’identité, l’histoire, les attributs de groupes sociaux particuliers ; les Spontaneous Operas, pour leur part, invitent diverses communautés à activer l’oeuvre « ouverte » par le biais de chansons, de danses, de discours ou de toute forme de comportement performatif.

Le projet Open Public Library, dont il est ici également question, est pensé par les artistes comme une autre forme de « portrait », voire de photographie en mouvement d’un groupe de personnes donné, renvoyée à elle-même, comme en miroir. Présentée dans divers contextes, cette « sculpture sociale » a pour but premier de « stimuler l’imaginaire social », et prend la forme d’imposants rayonnages de bibliothèques résistant aux intempéries qui sont progressivement, au gré d’une enquête dans différents quartiers des villes qui accueillent le projet, remplis de livres collectés au porte-à-porte. Une fois les rayonnages pleins, la population est invitée à emprunter librement les ouvrages, pour quelques jours. The Open Public Library pose ainsi autant de questions sur le rôle de l’institution publique, que sur l’idée-même de possession, de communauté, engageant un dialogue possible entre les individus à travers de leurs collections personnelles de livres.

Un grand merci : à tous les artistes, aux prêteurs : Air de Paris, Paris ; Blondeau Fine Art Services, Genève ; Galerie Jean Brolly, Paris ; Cabinet d’Arts Graphiques, Genève ; Galerie Crèvecoeur, Paris ; John Latham Estate, Londres ; Lux Agency, Londres ; Modern Art Gallery, London ; Motive Gallery, Amsterdam ; Murray Guy, New York ; Galerie Michel Rein, Paris ; Rosascape, Paris, Yann Sérandour, Rennes, et à : Alexandra Baudelot, Jean Brolly, Philippe Davet, Florence Derieux, Alix Dionot-Morani, Emmanuel Hervé, Jacob King, Gil Leung, Yannick Miloux, Vincent Romagny, Christian Rumelin, Christophe Schifferli, Clara Schulmann, Roman et Aleksandra Signer, Sam Stourdzé, Mike Sperlinger.

 
 

  

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