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ULYSSES WAS BORN IN TRIESTE

Une proposition de Dora Garcia avec les étudiant-e-s des programmes Work.Mastster et Construction de la Head – Genève

Estelle Aeberhard, Sophie Bonnet-Pourpe, Marie de Brugerolle, Simon Derouin, Bernhard Echte, Eva Fabbris, Diego Guglieri Don Vito, Lauren Huret, Ana Rosaly Justo De Medeiros, Emilien Keller, Carol Joo Lee, Barbara Manzetti, Andrea Marioni, Peter McKenna, Loan Nguyen, Laura Pelaschiar, Olivia Roulet, Julie Sas, Etienne Studer, Mathias Tuosto, Yusuke Yamamoto, Seda Yildiz, Adva Zakai, Pascal Zobrist,

Vernissage, conversations et performances 
Jeudi 18 avril dès 18h 
Exposition du 19 avril au 18 mai 2013 
LiveInYourHead, Institut curatorial de la Head - Genève, Rue du Beulet 4, 1203 Genève

Ulysses was born in Trieste est à la fois un projet de recherche, une exposition et un programme de performances/conversations, initiés par l’artiste Dora Garcia en collaboration avec les étudiant-e-s des programmes Work.Mastster et Construction de la Head – Genève, et un certain nombre d’invité-e-s. Un programme de trois jours, du 16 au 18 avril, active l’exposition, qui s’étend ensuite sur quatre semaines.

Ce projet, dont le titre est emprunté à une conférence que l’écrivain Italo Svevo donna à Milan en 1927 au sujet de James Joyce, se fonde sur l’analyse « clinique » du type spécifique de langage développé par les personnes considérées comme souffrant des différents symptômes associés à la schizophrénie. Les lignes que dessinent les particularités de ce langage, telles qu’entre autres analysées par l’ouvrage séminal d’Emil Kraepelin publié en 1906 Über Sprachstörungen im Traume (absence de sens ou de but, pensée « asyndétique », distorsion métonymique, interpénétration de thèmes, néologismes correspondant à des nouveaux concepts, mots portemanteaux, multi-direction, igno-rance des conventions sociales liées au langage) sont répétées de manière « prodigieusement parallèle » dans le langage de la littérature, du cinéma et de l’art d’avant-garde.

On remarquera, dans les rêves, également la récurrence de deux figures stylistiques : la condensation et le déplacement. Rêve, pensée en désordre, langage expérimental : « Joyce m’expliqua que le pain qu’un enfant rêve de manger ne peut pas être le même que le pain qu’il mange éveillé ; l’enfant ne peut pas transférer toutes les qualités du pain dans le rêve. Toutefois, le pain dans le rêve ne serait pas fait de farine de tous les jours, mais plutôt de « fleur », un mot qui enlèverait certaines qualités au pain et lui en donner d’autres qui correspondent mieux au rêve » (Italo Svevo). Et aussi : « A Avec les livres et les personnes, je considère la compréhension totale somme toute inintéressante » (Robert Walser).

Ulysses est né à Trieste ; ville dont le cosmopolitisme qui est sur le point de disparaître dans l’instant de la montée du fascisme après la Première Guerre Mondiale ; ville accueillant un nombre étonnant de nationalités, vibrant au son des premières notions de psychanalyse venant de Vienne ; ville parlant tellement de langues qu’elle ne peut décider laquelle est la sienne. Plus tard, lorsque non seulement Ulysse fut né mais aussi Finnegans Wake, Trieste est témoin de la révolution menée par Franco Basaglia, qui conduit en Italie à la suppression des hôpitaux psychiatriques et du concept de « dangerosité sociale ».

La relation entre symptôme et symbole, grammaire et temps, rêve et délire, métaphore et néologisme et la possibilité d’interprétation/traduction de la question du langage proposée par la psychanalyse, forment un nouvel angle pour observer le travail de différents artistes et penseurs, ainsi que la production, pas uniquement d’oeuvres d’art, mais également de nouvelles formes de présentation.

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